témoignages

Parents, enfants... Laissez-nous votre témoignage !

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la parole aux soignants

Claire Van Pevenage - Psychologue à l'Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola

« J’ai toujours été frappée par leurs compétences relationnelles. Si vous les observez de l’extérieur sans les connaître, vous pourriez avoir l’impression que c’est facile, que tout le monde sait dessiner avec les enfants par exemple… mais quand vous les regardez faire, c’est beaucoup plus que ça. Pour moi ce qui les caractérise le plus c’est la rigueur, le professionnalisme, et la douceur et  la souplesse. Tout est lié, l’un ne va pas sans l’autre. Ils ne peuvent avoir cette souplesse et être créatifs que parce qu’ils ont cette rigueur.»

« Pour les enfants l’hôpital est probablement différent que pour les adultes parce que justement ils gardent très fort cette possibilité, si on le leur permet, de continuer à vivre leur vie d’enfant. Si la douleur est bien gérée, si les soins sont faits avec respect, l’enfant même fort malade peut encore profiter d’un moment comme le partage avec un artiste.  C’est une bulle super importante car ils doivent continuer à se développer. »

« Cela m’est souvent arrivé, grâce aux artistes, de voir les enfants autrement. D’avoir l’impression qu’il y en a un qui ne va pas bien, et soudain je le vois chanter, danser… c’est parfois extraordinaire ! »

« J’ai l’impression qu’une formation de départ pour les artistes est fondamentale pour trouver une juste présence. Je le vois car parfois on a eu des bénévoles très peu ou pas formés et que cela n’allait pas. C’est un énorme privilège de travailler avec ces enfants, mais il faut faire attention car ils peuvent être fort fragilisés du fait de la maladie, leurs parents aussi d’ailleurs. Et là, si on n’est pas attentif, on peut faire du mal malgré des bonnes intentions. Et puis, il faut un accompagnement, un espace de parole pour assimiler, « digérer » psychiquement ce que l’on vit dans ces rencontres. Car pour bien accompagner ces enfants, il faut y aller, la bonne distance ce n’est pas trop de distance. Cela nécessite d’être bien au clair avec pourquoi on est là, il ne s’agit pas juste de distraire les enfants en pédiatrie. »

« Ce serait terrible si on avait un hôpital qu’avec des blouses blanches, sans artistes, sans école, sans éducateurs… Je trouve que c’est important que ce soit suffisamment indépendant de l’hôpital, pour ne pas avoir une obligation à être dans une finalité d’efficacité, de rendement… Parce qu’ils sont dans autre chose, c’est important d’avoir une certaine indépendance »

« Ils organisent les choses pour que ce soit un vrai moment plein, entier. C’est important quand on sait que peut-être on ne va pas se revoir. Je trouve ça bien en pédiatrie que ce soit des moments pleins : on se dit bonjour, on se dit au revoir, et il y a quelque chose au milieu. »

« On a eu des conventions et accueilli beaucoup d’enfants algériens qui venaient ici pour se faire opérer du cœur, avec des risques de mort etc… et avec les artistes du pont des Arts, les mamans algériennes se mettaient à dessiner. Ou à chanter une comptine, et c’était assez incroyable parce que tout le monde avait du mal à rentrer en contact avec elles, sauf les artistes ! »